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Plantation du Poulsard à Cerdon : une histoire de famille au Domaine Dubreuil et Fils

  • 7 mai
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 mai

Plantation d'une parcelle de Poulard a Cerdon, par le Domaine Dubreuil et Fils.

Il y a des décisions qui mûrissent avec les saisons, comme un raisin qui attend son heure sur le coteau. La plantation du Poulsard à Cerdon, sur notre parcelle Rozetand, est de celles-là.


Au Domaine Dubreuil et Fils, ce projet a été porté à bout de bras par trois générations réunies dans un même rang, sous le ciel du Bugey. Pas seulement un acte agronomique : un geste de confiance envers l'appellation, envers ce cépage exigeant, et envers l'avenir de notre Domaine.



Le Poulsard dans le Bugey-Cerdon : autorisé, mais rare


Deux cépages pour une appellation singulière

Le Bugey-Cerdon est l'une des appellations les plus confidentielles de France. Un vin effervescent rosé, demi-sec, élaboré selon la méthode ancestrale, dans un périmètre de dix communes autour du village de Cerdon, dans l'Ain. Le cahier des charges de l'AOC n'autorise que deux cépages pour produire ce vin : le Poulsard et le Gamay.

Deux cépages. Pas davantage. Et pourtant, l'un d'eux est souvent oublié, sous-planté, presque confidentiel sur les coteaux de l'appellation. Vous l'avez deviné : c'est le Poulsard.

Le Gamay, cépage de référence dans le Beaujolais voisin, est devenu la colonne vertébrale du Cerdon moderne. Il apporte sa vivacité, son fruit, ses arômes de petits fruits rouges frais. Mais le Poulsard, lui, peut conférer au vin davantage de structure et d'épices. C'est une composante à part entière de l'identité ampélographique de l'appellation, inscrite dans les textes depuis très longtemps, et pourtant si peu exploitée.


Un héritage méconnu dans l'Ain

Ce qui est peu connu, c'est que le Poulsard ne nous est pas totalement étranger dans l'Ain. On le trouve sporadiquement dans notre département sous le nom de "mescle", un terme patois local qui signifie "mélange", preuve que ce cépage circulait entre le Jura et le Bugey bien avant l'époque des appellations contrôlées. Son histoire est très ancienne : les premiers écrits le mentionnant datent de 1386, sous le nom de "Pellozar".

Autrement dit, le Poulsard n'est pas un intrus venu de l'extérieur. C'est un voisin de terroir, un compagnon de longue date de nos vignes calcaires, qui avait simplement été mis de côté au fil des décennies. Replanter du Poulsard à Cerdon, c'est en quelque sorte réparer un oubli.


Préparation des plants de Poulsard avant la plantation a Cerdon.
Préparation des plants de Poulsard avant plantation.

Portrait du Poulsard : le plus rosé des rouges de France


Avant de comprendre pourquoi nous avons choisi ce cépage pour la parcelle Rozetand, il faut le connaître. Le Poulsard est un cépage à part. Un cépage qui résiste aux catégories, qui déjoue les étiquettes, au sens propre comme au figuré.


Une identité singulière, entre rouge et rosé

On dit que c'est le plus rosé des rouges de France, à moins qu'il ne soit le plus rouge des rosés. D'ailleurs, ne fut-il pas appelé "vin de corail" ? Cette ambivalence, dans notre appellation Bugey-Cerdon, est précieuse. Nous élaborons un vin rosé effervescent à la robe délicate, qui doit autant à sa vinification qu'à ses cépages. Le Poulsard, avec sa peau très fine et ses grains peu colorants, participe naturellement à cette palette de teintes, du rose pâle au rose saumon intense.

Le Poulsard donne des vins de grande finesse, aromatiques, mais de structure et couleur légère. Sa robe pâle, parfois dite "pelure d'oignon", est relativement stable au vieillissement.

Dans le contexte de la méthode ancestrale, où la fermentation est interrompue naturellement par le froid pour préserver les sucres et les bulles, l'apport du Poulsard prend une dimension encore plus intéressante. Il vient compléter le Gamay sans le dominer, en apportant cette finesse aromatique et cette délicatesse de couleur qui distinguent les grands Cerdon.


Des arômes de fruits rouges et une délicatesse naturelle

Le Poulsard dispose d'une agréable palette aromatique : petits fruits rouges tout frais cueillis, fraise, framboise, groseille, cassis ou griotte, fines odeurs de sous-bois. Sa bouche est souple, animée d'un fruité joyeux.

Cette description, vous la reconnaissez peut-être : c'est l'un des profils aromatiques qui caractérise un beau Bugey-Cerdon. La fraise, la framboise, les bulles fines qui montent en flûte, le fruit croquant et gourmand, tout cela, le Poulsard le porte naturellement dans ses gènes.

En vieillissant, le Poulsard peut évoluer vers des arômes plus épicés, avec des nuances de poivre noir et d'herbes aromatiques. Une complexité qui ouvre des perspectives intéressantes pour nos futures cuvées, dans quelques années, lorsque la parcelle Rozetand sera en production.


Un cépage délicat qui aime les sols calcaires

Le Poulsard n'est pas le cépage le plus facile à cultiver. Cépage délicat, il craint les gelées printanières, la coulure et les grillures. Il a une bonne adéquation avec les terrains marneux et argileux. Face à une fertilité très moyenne, il doit être taillé long et palissé. Il craint principalement l'oïdium.

Ce profil exigeant deviendra donc un vin méritant, né d'un travail difficile sur des pentes à fort dénivelé, dans un terroir calcaire qui force la vigne à puiser profondément ses ressources.

Notre vignoble, planté entre les falaises et les coteaux de Cerdon, est précisément ce type de terrain. Les sols argilo-calcaires de notre parcelle Rozetand créent les conditions propices à l'épanouissement du Poulsard.

Et nous avons l'expérience des cépages capricieux. Depuis trois générations que notre famille cultive ces pentes, nous savons que les vignes les plus exigeantes sont souvent celles qui donnent les vins les plus beaux.



Pourquoi lancer la plantation du Poulsard à Cerdon au Domaine Dubreuil et Fils ?


Enrichir notre encépagement, élargir notre palette

Notre Domaine a été fondé sur le Gamay. C'est notre cépage de référence, celui qui porte nos cuvées historiques depuis Louis Dubreuil et ses premières plantations. Il y a encore quelques décennies, notre Domaine avait quelques pieds de Poulsard, mais il avait progressivement laissé la place au Gamay, plus facile a cultiver, moins fragile. Aujourd'hui, avec l'évolution de nos cuvées, la qualité de celles-ci, le Poulsard manquait dans notre vignoble.

Intégrer du Poulsard, c'est redonner à l'assemblage de nos futurs vins une dimension supplémentaire. C'est la possibilité d'explorer de nouvelles textures, de nouvelles notes aromatiques, de nouvelles intensités de couleur. Ce n'est pas une remise en question du Gamay, c'est un dialogue entre deux cépages que l'appellation elle-même a toujours pensés comme complémentaires.


Renouer avec un cépage de territoire

Il y a dans cette décision quelque chose qui relève de la conviction plutôt que du calcul. Le Poulsard est inscrit dans le cahier des charges du Bugey-Cerdon. Il fait partie de l'ADN de l'appellation. Le planter, c'est défendre une vision globale du Cerdon, pas seulement comme un vin de Gamay, mais comme un terroir à deux voix, riche d'une diversité ampélographique qui mérite d'être cultivée.

Nous sommes une maison familiale, convaincue que faire progresser l'image du Cerdon passe aussi par ce type de décisions structurantes. Des choix qui ne se voient pas immédiatement dans le verre, mais qui façonnent l'avenir de nos vins sur le long terme.




La parcelle Rozetand : 32 ares, près de 2 000 plants


Un nom, un lieu, une identité

Chaque parcelle de notre Domaine a une histoire. Les Signols, Longchamps, Moulin d'Amont, ces noms résonnent avec la mémoire de nos vignes, de nos familles, de nos voisins. La parcelle Rozetand vient s'inscrire dans cette continuité.

32 ares. Près de 2 000 plants de Poulsard. Ce n'est pas une parcelle anecdotique, c'est une surface significative, réfléchie, choisie avec soin pour ses expositions et ses sols. C'est une parcelle qui a été pensée pour durer des décennies.


Un chantier de plantation mené en famille

Et c'est peut-être l'aspect le plus beau de cette histoire : la plantation de la parcelle Rozetand n'a pas été un travail solitaire. Elle a réuni trois générations de la famille Dubreuil, dans les rangs, sous le soleil de Cerdon.


Plantation d'une parcelle de cépage Poulsard a Cerdon.
Les enfants de Pierre accompagnent leur grand-père, Guy, pendant le travail du sol.

Guy, Pierre : quatre mains tendues vers l'avenir

Guy Dubreuil, qui a repris les rênes du Domaine après son père Louis et développé patiemment notre vignoble. Pierre Dubreuil, son fils, vigneron d'aujourd'hui, qui porte chaque jour notre vision moderne et exigeante du Bugey-Cerdon. Et les fils de Pierre, la future génération, qui ont posé leurs propres plants de vigne le jour de cette plantation.


Quatre paires de mains pour enfoncer près de 2 000 plants dans la terre de Rozetand. Quatre générations qui incarnent à elles seules toute l'histoire de notre Domaine : la transmission, l'effort, la confiance dans l'avenir.

Il y a quelque chose de profondément émouvant dans ce geste. Planter une vigne, c'est accepter que les premières bouteilles ne seront pas pour demain. C'est faire confiance à ceux qui viendront après vous.


Paul et Louis, en plantant leurs premiers ceps ce jour-là, ont commencé à écrire la suite d'une histoire qui a débuté avec leur arrière-grand-père Louis Dubreuil.

C'est ça, la viticulture familiale. Pas un métier que l'on fait seul, mais une aventure que l'on traverse ensemble.



Combien de temps avant les premières bouteilles ?

Plantation d'une parcelle de Poulsard a Cerdon, sur le Domaine Dubreuil et fils.

La vigne, une culture de patience

Si vous vous demandez quand vous pourrez goûter du Poulsard signé Dubreuil et Fils, la réponse honnête est : pas tout de suite. Et c'est ainsi que ça doit être.

Une vigne nouvellement plantée ne produit pas immédiatement du raisin vinifiable. Il faut laisser la plante s'installer, développer son système racinaire, trouver sa place dans le sol, apprendre à puiser dans le calcaire. Les premières années sont consacrées à l'enracinement, à la structuration de la plante, pas à la production.


En règle générale, il faut compter environ trois ans après la plantation avant que la vigne puisse commencer à produire un raisin de qualité suffisante pour être vinifié. Trois années pendant lesquelles nous allons observer, travailler, tailler, surveiller, protéger ces jeunes plants contre les aléas climatiques et les maladies.

Trois années de patience, mais une patience active. Chaque geste dans la vigne pendant cette période pose les fondations de ce que sera le vin dans dix, vingt, trente ans.


Ce que nous envisageons pour ces futures cuvées

Nous ne voulons pas brûler les étapes. La parcelle Rozetand devra exprimer son plein potentiel avant que nous décidions de ce qu'elle deviendra dans notre gamme. Peut-être un assemblage avec notre Gamay, pour explorer un nouveau profil de Bugey-Cerdon. Peut-être, à terme, une cuvée à dominante Poulsard pour ceux qui veulent aller au fond de l'identité de l'appellation.

Ce qui est certain, c'est que chaque décision sera prise avec le même soin que celui que nous avons mis à planter ces 2 000 plants. Avec humilité, avec curiosité, et avec cette exigence que notre famille a cultivée au fil des générations.



Un geste pour l'avenir du Cerdon

La plantation du Poulsard à Cerdon, au Domaine Dubreuil et Fils, n'est pas un simple événement agronomique. C'est une déclaration de confiance, dans ce cépage, dans l'appellation, dans l'avenir de ce vin que nous défendons depuis trois générations.

Elle dit que le Bugey-Cerdon est un vin vivant, qui évolue, qui ose explorer sa propre identité au lieu de se figer dans une définition trop étroite. Elle dit que notre Domaine regarde vers l'avenir sans oublier ses racines, que Guy, Pierre, Paul et Louis plantent ensemble, le même jour, les mêmes plants, dans le même sol calcaire que leurs ancêtres.


Les premières bouteilles issues de Rozetand viendront en leur temps. Et nous avons hâte de vous les faire partager, avec tout ce qu'elles porteront de mémoire, d'effort et de famille.

D'ici là, si vous souhaitez découvrir dès maintenant ce que le Domaine Dubreuil et Fils propose en matière de Bugey-Cerdon, retrouvez nos cuvées en boutique en ligne ou au caveau à Cerdon. Chaque bouteille est déjà le fruit de décennies de travail, de passion et de transmission.



FAQ — Vos questions sur le Poulsard et la parcelle Rozetand


Qu'est-ce que le Poulsard, exactement ?

Le Poulsard est un cépage noir originaire de Franche-Comté, cultivé principalement dans le vignoble du Jura. Il est connu pour ses vins fins, aromatiques, aux teintes pâles qui évoluent vers des nuances "pelure d'oignon". Dans le Bugey-Cerdon, il est l'un des deux cépages autorisés par le cahier des charges de l'AOC, aux côtés du Gamay.


Pourquoi le Poulsard est-il si rare dans le Cerdon ?

Le Gamay s'est imposé historiquement comme le cépage majoritaire de l'appellation, notamment grâce à sa robustesse et à sa facilité relative de culture. Le Poulsard, plus délicat, plus exigeant, a progressivement été délaissé par de nombreux vignerons. Il reste pourtant inscrit dans les textes de l'appellation, et certains producteurs, dont nous, choisissent de le replanter pour enrichir leur encépagement.


Quand pourrons-nous goûter un vin issu de la parcelle Rozetand ?

La vigne nécessite environ trois ans après la plantation pour commencer à produire un raisin vinifiable de qualité. La parcelle Rozetand ne donnera donc pas de vin avant quelques années. Nous vous tiendrons informés de chaque étape, de la croissance des plants à la première vendange, en passant par le premier tirage en bouteille.


 
 

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